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Sortie Album Mai 2022

 

 

 

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DAVID VENITUCCI . En équilibre

La dernière fois que l’on a écouté un Cd d’accordéon solo, ce devrait être celui de Galliano ; cela fait un bon bout de temps, au moins quinze ans. 

David Venitucci nous rappelle dans ce disque qu’il fait partie de ces musiciens inspirés qui font leur chemin tranquillement sans céder aux sirènes de la facilité. Empli de bout en bout d’une belle inventivité harmonique, l’album s’écoute avec un plaisir serein et ne lasse pas. Compagnon de route, entre autres, de Renaud Garcia-Fons et de Patricia Petibon, le grenoblois propose à l’auditeur un voyage musical aux saveurs variées. 

On se laisse aller à la rêverie, on glisse entre les lignes mélodiques qui ne manquent jamais d’originalité. Les partis-pris rythmiques, quant à eux, peuvent être aventureux. Mais David Venitucci peut se le permettre car il évolue à un tel niveau d’exigence et de maîtrise que rien ne lui semble interdit. C’est le disque d’un artiste discret, sinon rare, qui reste à découvrir par le plus grand nombre.

 

Yves Dorison, 24/05/2022

Une gourmandise pour secouer la torpeur d’août : un disque publié fin mai, et qu’avait submergé le raz-de-marée des parutions qui se sont bousculées avant l’été. L’accordéoniste est aussi compositeur, et tout le disque est de sa plume, sauf deux titres, dont une relecture très personnelle de La Bohème de Charles Aznavour. Il en donne une version enrichie d’harmonisation, de mélodie parallèle, de contre-chant, et il fait de cette déjà belle chanson une œuvre singulière. On est ici en présence d’un musicien qui joue, compose, improvise, et réinvente aussi la musique quand il l’emprunte à d’autres. Il existe des accordéonistes qui utilisent le jazz sans jamais le tutoyer vraiment (et là je ne parle pas de Vincent Peirani, que j’admire profondément, ni de Marcel Azzola, que j’appréciais infiniment, mais de quelques autres….). On l’avait compris naguère en l‘écoutant avec Denis Leloup, Jean-Christophe Cholet ou David Linx : David Venitucci parle couramment le jazz, en termes de nuances, de liberté, de subtilité, et il fomente un univers singulier où la composition se mêle à l’improvisation, où les langages harmoniques se télescopent en douceur. Et il nous livre ici une très belle musique, en équilibre entre toutes ces couleurs où le jazz, assurément, a sa place.

Xavier Prévost, Mars 2021

On peut imaginer toutes sortes d’explications au titre que David Venitucci a donné à son disque, En équilibre. S’agit-il de la progression d’un funambule sur la corde de ses émotions ? Faut-il deviner chez lui un désir de coexistence, si fragile fût-elle, entre des musiques qui s’uniraient sous ses doigts pour n’en faire qu’une qui serait universelle ? Ou bien l’accordéoniste, conscient des risques de l’aventure en solitaire, qu’il tente pour la deuxième fois sur disque [1], veut-il signifier qu’il ose exposer, au-delà de sa virtuosité, aussi bien son intimité qu’une perception du monde qu’il voudrait partager ?

Ce disque à la fois discret et élégant est sans doute un peu tout cela. En neuf temps (sept compositions originales et deux reprises, dont « La Bohème » de Charles Aznavour), celui qu’on a pu écouter aux côtés de Renaud Garcia-Fons, Denis Leloup, Christophe Marguet ou Toufik Farroukh – une liste loin d’être exhaustive – ou bien à la tête de son propre trio, dessine ici en un temps assez court, à peine plus d’une demi-heure, des paysages tour à tour contemplatifs (« Au-delà des nuages », « Edelweiss »), tendres (« La Bohème »), nostalgiques (« Ivresse nocturne », « Alfonsina y el Mar »), joyeusement dansants (« Upa Upa », « Hop ! »), empreints d’un mystère vite dissipé sous les effets d’une mélodie consolatrice (« Abyssal ») ou tout simplement amoureux (« À toi »).

L’accordéon se fait chanteur et parle au cœur… Très vite, on ferme les yeux, avançant en douceur au gré d’une déambulation habitée par un sentiment constant de sérénité. En équilibre est un havre de paix, quelque part entre jazz, musique impressionniste et folklore imaginaire, un peu ailleurs, du côté de l’âme, et c’est là sans doute un privilège en nos temps incertains. Celui d’un rêve éveillé qu’on pourrait encore toucher du doigt.

 Denis Desassis, le 15 mai 2022